CREPUSCULE

La feuille flétrie tombe et se meurt

Sur le sol poisseux et gluant.

Verte, rouge, jaune pour un temps

Elle a vécu sur l’arbre à demeure ;

Puis comme nous pauvre passant,

Sans voir ses plaies, ses heurts

Comme elle, au crépuscule de notre vie,

Sans un regard, on plonge dans l’oubli.

Alors le téléphone sonne

Il fait sursauter le vieux qui somnole

« Allo » dit-il d’ une voix mal assurée

Mais rien : pas d’écho, c’était juste pour amuser

Un idiot mal intentionné.

Le vieux reprend son fauteuil

Il calme son coeur en chamade

Se rendort d’un oeil

Puis continue sa cérébrale promenade.

Mais, soudain le téléphone sonne

Le vieux se lève péniblement

Sur ses jambes qui souvent l’abandonnent.

Peut-être ce sont ses enfants ?

Allo, dit-il en tremblant

« Avez -vous une mutuelle ? »

« Oui » répond-il en raccrochant.

Espoir déçu, ce ne sont pas ses enfants.

Le silence s’installe

Et la solitude plane.

La pluie clapote sur la véranda

Et les nuages lourds

Pèsent balourds

Sur le vieil homme endolori.

Et doucement, pas à pas

La déprime s’immisce, elle gagne

Ce vieillard naguère épanoui.

Le téléphone sonne à nouveau

Pour dire d’isoler pour 1 Euro

Sa maison, s’exonérer d’impôts.

Que lui importe tout cela

A l’âge qu’il a !

Qu’est-ce que cette société

Qui fouille partout son intimité.

Il a été élevé dans la sobriété

Et ne pense pas polluer

La terre, l’air ou l’eau !

Demander plutôt à SHELL ou ESSO

Pour ne citer qu’eux

Et tous ces MOSANTO

Et bolides capricieux !

Et pourtant elle tourne

Disait COPERNIC

Qui ça ? la TERRE

Elle a bien du courage

Pour encore le faire

Pensa le vieux cynique

Tout de même à son AGE !

MALOU

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Post Author: malou37

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