CREPUSCULE

La feuille flétrie tombe et se meurt,

Sur le sol poisseux et gluant.

Verte, rouge, jaune pour un temps

Elle a vécu sur l’arbre à demeure,

Puis, nous pauvre passant

Sans voir ses plaies, ses heurts,

Comme elle, au crépuscule de notre vie

Sans un regard, on plonge dans l’oubli.

Mais lkev téléphone sonne,

Il fait sursauter le vieux qui somnole.

Allo, dit-il, d’une voix mal assurée.

Mais rien : pas d’écho, c’était juste pour amuser

Un idiot mal intentionné !

Le vieux reprend son fauteuil

Et calme son coeur en chamade

Il se rendort d’n oeil

Puis continue sa cérébrale promenade.

Mais soudain le téléphone sonne

Le veux se lève péniblement

Sur ses jambes qui souvent l’abandonnent.

Peut-être ce sont ses enfants ?

Avez-vous une mutuelle ? oui répond-il en raccrochant

Espoir déçu, ce ne sont pas ses enfants.

Le silence s’installe, la solitude plane.

La pluie clapote sur la véranda

Et les nuages lourds

Pèsent balourds

Sur le vieil homme endolori.

Et doucement, pas à pas

La déprime s’immisce, elle gagne

Ce vieillard naguère épanoui.

Le téléphone sonne à nouveau

Pour dire d’isoler pour un euro

Sa maison, s’exonérer d’impôts !

Que lui importe tout cela

A l’âge qu’il a !

Qu’est-ce que cette société

Qui fouille partout son intimité !

Il a été élevé dans la sobriété

Il ne pense pas polluer

La terre, l’air ou l’eau !

Demander plutôt à Shell ou Esso

Pour ne citer qu’eux !

Et tous ces Mosanto

Et bolides capricieux !

Et pourtant elle tourne disait Copernic !

Qui ça ? la terre.

Elle a bien du courage

Pour encore le faire !

Pensa le vieux cynique.

Tout de même à son AGE !!

MALOU

Post Author: malou37

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